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2e partie - Urbanisme, silence et démocratie : ce que j’ai vécu le 4 février

Au fil des échanges, plusieurs voisins ont pris la parole pour exprimer leurs inquiétudes. L’un des moments qui m’a le plus marquée a été l’intervention d’une mère de famille évoquant, avec émotion, les dangers actuels liés aux déplacements entre le hameau des Coasses et le bourg, accentués avec l’arrivée annoncée d’un nombre important de logements supplémentaires.

La réponse qui a suivi m’a profondément questionné. Il a été répondu : « Il n’y a qu’un kilomètre trois entre la cave et le Bourg. » À cet instant, j’ai eu le sentiment que l’on répondait à une inquiétude humaine par un simple chiffre.

Constatant que de nombreuses questions restaient sans réponses précises, j’ai alors posé une seconde interrogation, plus directe :

« Monsieur le Maire, dans l’affaire qui nous concerne, lors de vos séances publiques et notamment lors de l’enquête publique, avez-vous remis l’ensemble des documents, notamment ceux émanant de la préfecture ? Avez-vous, les yeux dans les yeux, remis et traité tous ces documents ? »

La réponse a été : « Oui. »

Pourtant, dans la salle, le sentiment de flou persistait. Les questions continuaient d’affluer, mais j’avais le sentiment qu’ils ne sont pas venus pour répondre mais pour présenter leurs « beaux » bâtiments.

Un autre élément m’a particulièrement interpellée. Il a été évoqué qu’une rencontre avec certains membres du Collectif Les Coasses avait été proposée, mais avec cette précision : « On ne parlera pas du fond. » Le fond : les règles d’urbanisme.

Lors de la présentation du plan de masse, j’ai ressenti un choc visuel et symbolique. J’ai alors pensé que parfois, tout est déjà contenu dans un mot : « masse ». C’est alors que je me suis aperçue qu’il manquait l’architecte du projet. Peut-être n’est-il pas fier de son œuvre ? J’ai eu l’impression d’un projet imposant qui allait profondément transformer l’équilibre du hameau.


Face à cette situation, j’ai décidé de poser une question plus personnelle :

« Moi, j’ai un souci avec votre posture, Monsieur le Maire. Que faites-vous là-bas ? Votre place n’est-elle pas de ce côté, avec nous, vos administrés ? »

Je n’ai pas obtenu de réponse. Il semblait pourtant gêné...  Pas longtemps.

Je suis consciente que les projets d’urbanisme sont complexes, qu’ils répondent parfois à des besoins réels de logements et de développement territorial. Je sais également qu’ils sont encadrés par des procédures administratives et par l’avis d’organismes consultatifs comme la Commission Départementale de Préservation des Espaces Naturels Agricoles et Forestiers (CDEPNAF). Mais je crois profondément que la complexité administrative ne doit jamais remplacer l’écoute et le dialogue.

En me renseignant davantage sur les questions d’urbanisme dans notre commune, j’ai découvert qu’un permis avait déjà été retiré à la suite d’une procédure contentieuse. Cette information m’a fait prendre conscience que les décisions d’aménagement peuvent avoir des conséquences importantes et que leur suivi peut s’inscrire dans des délais très longs.

 

Le 4 février 2026, j’ai posé des questions...


J’ai rejoint le Collectif Les Coasses parce qu’il représente, à mes yeux, l’attachement sincère à notre hameau, le respect de son histoire, de son environnement et de celles et ceux qui y vivent.

La démarche du Collectif Les Coasses ne s’inscrit ni dans un refus du changement, ni dans une volonté de rester « entre soi », et encore moins dans une opposition systématique. Les raccourcis de ce type sont compréhensibles, mais ils ne reflètent pas la réalité de la situation.

Notre objectif n’est pas de bloquer, mais de questionner. Il est de rappeler que les projets qui transforment durablement un territoire méritent de s’appuyer sur l’ensemble des éléments existants : les contraintes du terrain, les enjeux de sécurité, les équilibres environnementaux, les réalités humaines et les avis institutionnels.

Nous croyons que la concertation n’est pas un frein aux projets, mais une garantie de leur solidité et de leur acceptation dans le temps.

Au fond, notre engagement repose sur une conviction simple : un village se construit avec ses habitants, pas contre eux.


A.M

 
 
 

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