Quelle tristesse…
- collectiflescoasses

- 6 févr.
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Dernière mise à jour : 7 févr.
A cette réunion d’information sur le projet de réhabilitation de la Cave Coopérative, il avait envoyé une invitation à quelques riverains. Je n’étais pas parmi les élus, moi dont le hameau des Coasses est le refuge depuis plus de 70 ans. Il m’a tout de suite dit que je n’étais pas invité lorsqu’il m’a vu entrer dans la salle. Mais il a bien voulu que je reste (!)
Il y avait là les promoteurs père et fils. Il y avait aussi un notaire dont je n’ai pas très bien compris le rôle ce soir-là. Et aussi un avocat, mandé par la promotion immobilière. Peut-être parce qu’il avait appris à faire voir le bon côté des choses. Son discours sur le thème « Et puis vous verrez, au bout d’un certain temps, on s’habitue » était d’une grande audace intellectuelle… C’est vrai qu’on peut finir par s’habituer à tout, y compris à la laideur et à la bêtise…
Il y avait là une bonne soixantaine de citoyens amoureux de leur village. Venus, même s'ils n'avaient pas été invités pour la majorité d'entre eux.
Il était aussi là bien sûr. Mais pas avec eux. Car il n’était pas là pour comprendre et soutenir ses administrés. Il est resté de l’autre côté. Il a passé toute la réunion aux côtés des promoteurs.
Tout ce petit monde parlait d’une même voix, dans un entre soi concentré. Chacun renforçant, ou complétant ce que l’autre venait de dire. Une belle unanimité pour un même objectif.
Ce soir là il n’était pas avec nous. A l’époque où je l’avais rencontré, il me semblait que l’important pour lui c’était les gens, l’environnement harmonieux, le bien vivre ensemble. L’important a changé. Aujourd’hui c’est, entre-autre, de blinder huit mille mètres carrés à la campagne par des immeubles et trente-neuf logements. Pourquoi trente-neuf ? Parce que trente-neuf logements permettent au promoteur de mieux rentabiliser l’opération qu’avec les trente logements initialement prévus. Alors qu’une dizaine aurait pu être acceptable s’il y avait eu concertation préalable. Et peu importe ce que pensent les riverains du saccage d’un vieil hameau et de leurs conditions de vie.
La loi du marché dévore tout, y compris les bons sentiments.
Tristesse, désillusion, mais pas résignation…Résistance !



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